Puis, ce fut la dernière lettre, écrite sur papier deuil et datée du 1er Février 1916, trois semaines à peine avant l'offensive allemande sur Verdun:

"... J'ai le plaisir de vous annoncer que cette future permission vous sera réservée. Nous prenons déjà avec Angèle, nos dispositions, et je veux aller vous trouver sans faute en Avril prochain. Ce sera une grande joie pour tous, et comme me disait Angèle, dernièrement, je ne serai plus libre de moi-même. C'est une permission spécialement pour vous. Que d'histoires! Et mon sac est plein d'épisodes de batailles. Je suis un vieux dur à cuire, maintenant, et on me donne comme sobriquet: le "Pachyderme" [...] Toujours en excellente santé, j'ose espérer que cette veine durera jusqu'à ma prochaine permission, et nous fêterons ensemble ce retour désiré. Je termine en vous envoyant mes meilleurs baisers.

Votre fils et frère,

Henri."

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[Dernière lettre de Henri Baudiment à ses parents, datée du 1er Février 1916].